Histoire de quartier
Les Trois-Lucs : grottes, guinguettes et trois lumières
Longtemps quasiment désert, le quartier des Trois-Lucs a connu son heure de gloire touristique grâce à des grottes aujourd'hui oubliées — avant de devenir l'un des quartiers résidentiels du 12e arrondissement.
Les Trois-Lucs sont sans doute l'un des quartiers du 12e arrondissement dont le nom intrigue le plus — et dont l'histoire, restée longtemps rurale, réserve quelques surprises : des grottes touristiques disparues, une villa de vedette du cinéma, et un couvent à l'histoire aussi dramatique que peu connue.
« Trois-Lucs » : d'où vient ce nom singulier ?
Le nom a beaucoup varié dans les documents anciens : on trouve Los tras lucs en 1299, Les tres luca et les tres lus en 1551, les tre Luc en 1586, Les Treillux en 1679, puis enfin Les Trois Lucs en 1691. Son origine reste débattue entre spécialistes : pour l'historien local Alfred Saurel, il désignerait « trois lumières », en référence à d'anciens postes d'observation (le provençal trelus évoquant l'orient et l'éclat du soleil levant). Pour le linguiste Albert Dauzat, « Luc » viendrait plus simplement du latin lucus, un « lieu boisé ». Le père Soragi, de son côté, y voit également une référence à l'orient et au lever du soleil. Trois hypothèses, donc, pour un nom qui a lui-même changé plusieurs fois de visage.
D'un hameau désert aux guinguettes du tramway
Le secteur reste quasiment inhabité jusqu'à la fin du XIXe siècle. Le grand tournant survient en 1914, avec l'arrivée du tramway : le quartier devient alors un lieu de villégiature dominicale pour les Marseillais, avec ses guinguettes et ses salles de danse. L'urbanisation résidentielle, elle, ne s'accélère vraiment que dans les années 1970.
Sainte-Rita et les « trois lumières »
L'église Sainte-Rita naît d'une chapelle inaugurée en 1932, sur un terrain offert par la famille Camau-Parenque, avant de devenir une église à part entière en 1955-1956. Ses trois cloches sont bénies en 1958. Détail qui ne doit rien au hasard : l'édifice compte trois vitraux, un clin d'œil discret aux « trois lumières » qui donneraient leur nom au quartier.
Le monastère de la Serviane
Fondé en 1880, le monastère de la Serviane appartient à la congrégation des Filles du Cœur de Jésus, fondée le 20 juin 1873 à Berchem-lez-Anvers, en Belgique, par Marie Deluil-Martiny, née à Marseille en 1841. La congrégation se consacre à l'adoration eucharistique et à la prière. En 1884, la fondatrice elle-même, alors mère supérieure de la communauté, meurt assassinée dans l'enceinte du couvent. Elle a été béatifiée par le pape Jean-Paul II le 22 octobre 1989. Le monastère, situé traverse de la Serviane, demeure aujourd'hui un lieu de mémoire discret du quartier.
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D'où vient le nom du quartier des Trois-Lucs à Marseille ?
Plusieurs hypothèses coexistent : une référence à trois anciens postes d'observation (« trois lumières »), ou une origine latine, lucus, signifiant « lieu boisé ».
Que sont les grottes Monnard ?
D'anciennes grottes découvertes vers 1845, exploitées comme attraction touristique dès 1888 avec restaurant et visites guidées, aujourd'hui fermées et inaccessibles au public.