Histoire de quartier
Saint-Jean-du-Désert : le quartier qui a précédé Moustiers d'un an
Le nom intrigue, mais son origine est biblique, pas géographique : ce vallon fertile du 12e a même été, un temps, l'un des berceaux de la faïence en Provence — un an avant que Moustiers-Sainte-Marie ne devienne la capitale que l'on connaît.
Malgré les apparences, le mot « désert » ne renvoie pas à un terrain inculte : quatre sources indépendantes s'accordent sur son origine religieuse. Le nom vient d'une chapelle édifiée à partir de 1638 (don de terrain de Benoît Monier, seigneur d'Aiglun) et consacrée le 24 juin 1668, dédiée à « saint Jean-Baptiste dans le désert » — en référence au passage biblique de « la voix qui crie à travers le désert ». Le quartier ne prend d'ailleurs son nom qu'au XVIIe siècle, par démembrement d'un terroir plus vaste appelé Sarturanus, qui englobait alors Saint-Jean-du-Désert, Saint-Pierre, Saint-Barnabé et l'Arcussia — un territoire cultivé de longue date, avec vignes et exploitation par des prêtres dès le Xe siècle.
La faïencerie oubliée
C'est l'angle le plus surprenant de ce quartier discret : vers 1677-1678, le banquier Joseph Fabre installe la première faïencerie du secteur, et Joseph Clérissy en devient le maître-faïencier renommé. Saint-Jean-du-Désert a ainsi devancé Moustiers-Sainte-Marie d'un an dans la pratique de cet art, alors que cette dernière ville est aujourd'hui mondialement associée à la faïence. Au dernier quart du XVIIe siècle, le quartier comptait au moins trois sites faïenciers et deux poteries-tuileries, portés par des carrières d'argile plastique d'une qualité rare. L'activité décline au XVIIIe siècle, faute de bois pour alimenter les fours et sous l'effet de la concurrence régionale. Il en reste la mémoire dans les noms de rues : la rue Joseph-Clérissy, la traverse des Faïenciers.
La chapelle, seule survivante de l'ancien hameau
La chapelle Saint-Jean-du-Désert reste aujourd'hui le seul édifice notable préservé de l'ancien hameau. Son clocher a été ajouté en 1708, ses chapelles latérales en 1736, sa sacristie en 1769.
Un quartier transformé par les infrastructures modernes
Le vallon, orienté nord-sud, sépare aujourd'hui Saint-Barnabé et Saint-Pierre à l'ouest de Saint-Julien et La Pomme à l'est. Une rocade urbaine et une autoroute le traversent, et les anciens bâtiments faïenciers ont depuis longtemps disparu. Le quartier compte aujourd'hui 3 833 habitants selon la mairie des 11e et 12e arrondissements (contre 3 204 en 2009).
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Questions fréquentes
Pourquoi le quartier s'appelle-t-il « du Désert » ?
En référence au vocable biblique de la chapelle fondatrice, dédiée à « saint Jean-Baptiste dans le désert » et consacrée en 1668 — pas à un terrain inculte : le secteur était cultivé depuis l'Antiquité.
Saint-Jean-du-Désert a-t-il un lien avec la faïence de Moustiers ?
Le quartier a accueilli sa première faïencerie vers 1677-1678, soit un an avant que Moustiers-Sainte-Marie ne devienne, plus tard, la référence nationale de cet artisanat.