Histoire de quartier
Montolivet : l'histoire d'un nom né des oliviers
Chaque jour, des centaines de Marseillais empruntent l'avenue de Montolivet sans se douter que ce nom raconte, depuis huit siècles, une colline plantée d'oliviers.
Montolivet fait aujourd'hui partie de ces quartiers du 12e arrondissement qu'on traverse plus qu'on ne les regarde : un axe de circulation, des commerces de proximité, un tramway historique devenu bus. Mais le nom même du quartier porte la trace d'un passé rural que peu de ses habitants connaissent.
D'où vient le nom « Montolivet » ?
Les plus anciens documents connus mentionnant le lieu remontent au XIIIe siècle : on trouve la forme latine Monteolivetus en 1248, puis Mons Olivetus en 1289. Les historiens locaux s'accordent à y voir la trace d'anciennes plantations d'oliviers, aujourd'hui disparues, sur ce point élevé du paysage marseillais — littéralement, le « mont des oliviers ».
Deux autres hypothèses, moins documentées, circulent parfois : une référence symbolique au Mont des Oliviers de Jérusalem, ou un patronyme, Montolieu, qui aurait donné son nom au lieu par déformation. Aucune ne dispose cependant de sources aussi anciennes et précises que les formes latines du XIIIe siècle.
D'un hameau à un quartier de 12 000 habitants
Montolivet est longtemps resté un lieu peu peuplé : à peine 114 habitants recensés en 1847. Le vrai tournant survient en 1909, avec l'arrivée d'une ligne de tramway qui relie le quartier au centre-ville et amorce son urbanisation. La population passe à 813 habitants en 1911, puis bondit à 9 670 en 1931 — la marque d'une croissance urbaine rapide, typique des quartiers périphériques marseillais du premier XXe siècle. Aujourd'hui, Montolivet compte environ 12 243 habitants.
Le quartier reste, dans son organisation, fidèle à cette histoire : un noyau villageois ancien autour duquel se sont développées, au fil des décennies, des résidences et des maisons individuelles.
L'église Saint-Fortuné, un joyau que l'on ne soupçonne pas
Sur l'avenue de Montolivet se dresse l'église Saint-Fortuné, dont la première pierre fut posée en 1877 à la demande de Mgr Charles Place, en remplacement d'une chapelle plus ancienne. Elle fut consacrée en 1879. Le nom de l'édifice rend hommage à Mgr Fortuné de Mazenod, premier évêque de Marseille lors du rétablissement du diocèse en 1823.
Mais c'est un peu plus loin, à la chapelle de l'Immaculée Conception — bénie en 1924 et devenue église paroissiale en 1932 — que se trouve la vraie curiosité du quartier : entre 1962 et 1968, le peintre Pierre Ambrogiani y a réalisé des fresques, les stations du chemin de croix et pas moins de 32 vitraux. C'est l'une des rares églises françaises décorées dans son ensemble par un artiste majeur du XXe siècle — un patrimoine discret, à quelques pas d'un quartier que l'on croit purement résidentiel.
Une vie de quartier bien vivante
Signe d'un attachement local qui ne s'est jamais éteint : Montolivet compte aujourd'hui deux comités d'intérêt de quartier distincts, le CIQ Montolivet Village et le CIQ Montolivet Plateau. L'ancien cinéma Le Lido, ouvert en 1932 et fermé en 1970, est depuis 1983 un Centre Municipal d'Animation toujours actif dans les mêmes murs — la mémoire du quartier continue, simplement, à changer de forme.
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D'où vient le nom du quartier de Montolivet à Marseille ?
Le nom apparaît dès le XIIIe siècle sous les formes latines Monteolivetus (1248) puis Mons Olivetus (1289), et fait référence à d'anciennes oliveraies plantées sur cette hauteur du 12e arrondissement.
Que voir à Montolivet ?
L'église Saint-Fortuné et la chapelle de l'Immaculée Conception, décorée par le peintre Pierre Ambrogiani entre 1962 et 1968, ainsi que le parc de la Moline et le château de Bois-Luzy, qui forment une coulée verte ouverte au public.